Orlandini

Huile sur panneau « Selinonte » 1952 31,5x65cm

Biographie

FRANCOIS ORLANDINI (1920 – 2015)

 Grand Prix de Rome 1948        

François Orlandini naît à Auvillars-sur-Saône, en 1920. Son père, sculpteur et statuaire réputé, lui transmet très tôt son goût pour l’Art et dès cinq ans, le futur prix de Rome se passionnera pour la peinture. Très vite, la famille déménage à Paris, le futur peintre quitte ainsi sa Bourgogne natale pour laquelle il gardera toujours une franche affection. Après des études secondaires à Louis Le Grand, François Orlandini entre aux Beaux-Arts de Paris. Élève de Dupas, il se fait rapidement remarquer par son talent et participe au prestigieux Concours de l’Académie des Beaux-Arts. En 1947 il réalise « Trois Femmes à la fontaine », une peinture à l’huile inspirée d’un poème d’Albert Samain, qui permet au jeune peintre de remporter le prix, et devient ainsi Grand Prix de Rome en 1948. Il quitte Paris pour devenir pensionnaire de l’illustre Villa Médicis à Rome où il restera de 1949 à 1952 afin de s’imprégner des chefs d’oeuvre de la Renaissance. Il découvre les fresques murales du Quattrocento. 

Il pratique alors l’art de la mosaïque et de la fresque. Sa période romaine se concrétisera  par plusieurs expositions à la villa Médicis. En participant à des expositions de groupe avec d’autres peintres contemporains, il rencontre notamment Brayer, Hilaire et Carzou. S’il continue à pratiquer l’Art monumental à travers la peinture murale et la mosaïque, ses recherches picturales l’amèneront dès les années 1960 à privilégier l’aquarelle dans ses tableaux. C’est avec cette technique qu’il réalisera ses grandes séries sur l’Italie, l’Espagne, les châteaux comme Versailles par exemple, la nature, les villages… Dans un style d’apparence minimaliste où la forme prime sur le détails, où les couleurs s’harmonisent en camaïeux lumineux, Orlandini peint à merveille le patrimoine urbain et rural. Le premier village français qui l’intéresse est Saumur. Mais c’est dans sa Bourgogne natale, où il revient dès 1962, qu’il approfondira son travail sur ses paysages. Dole, Ornans, Lods, Beaume-les-Messieurs, mais aussi Auvillars-sur-Saône, Gilly-lès-Cîteaux, Gevrey-Chambertin, autant de lieux et de villages que le peintre immortalisera, parfois à plusieurs reprises, à l’instar du Clos de Vougeot ou du Château de Mâlain. 

La peinture d’Orlandini propose plusieurs niveaux de lecture. La ligne horizontale suggère le calme, la communion du ciel et de la terre évoque l’infini. L’approche poétique du peintre se lie avec la réalité. Ses oeuvres ne sont jamais identiques. La lumière varie selon l’heure du jour, les points de vue se multiplient. 

Avant sa rencontre en 1993 avec Christian Dazy, puis Lorella Santiago en 1995, il expose dans de nombreux lieux et notamment à Paris. La première fois c’est en 1953 à la galerie Chardin, puis à la galerie Agora et à la galerie d’Art de la place Beauvau. La Galerie des Hayes de Brion accrochera également ses oeuvres sur ses murs. Christian Dazy et Lorella Santiago dédieront au peintre six expositions entre 1994 et 2014 au 16 place des Ducs de Bourgogne à Dijon. S’en suivra, en 2018, une exposition rétrospective intitulée « Soixante-quinze ans de peinture » à la galerie d’Arts Lorella Santiago au 4 de la rue Montmartre à Dijon. Un certain nombre d’oeuvres présentées durant cet évènement n’avaient jamais été montrées au public, telle, par exemple, la série sur les Grands travaux de Beaubourg de 1972.      

 

LE PRIX DE ROME

Le Prix de Rome était le prix décerné à l’artiste qui, dans chaque discipline, remportait le concours de l’Académie française des Beaux Arts.  A ce prix était attachée, depuis la Révolution,  une bourse d’étude qui permettait de s’installer aux frais de l’Académie à la Villa Médicis de Rome en tant que pensionnaire, durant trois années.

Datant de 1663, ce concours était le résultat des volontés de Colbert et Charles le Brun, sous le règne de Louis XIV. 

Il concernait les lauréats du prix annuel de l’académie royale de peinture, pour trois catégories, peintures, sculptures, et architecture, les pensionnaires  étaient ensuite choisis par ces lauréats.   A l’époque l’Académie française à Rome, qui accueillait les pensionnaires, connut plusieurs déplacements, elle fut successivement déplacée au Palais Caffarelli, au Palais Capranica puis en 1725 au Palais Mancini à l’entrée du Corso.

Le choix de la ville de Rome s’expliquait par le fait que Rome était un passage obligé pour tout jeune en quête d’érudition au XVII et particulièrement pour les artistes, tant la ville était considérée comme l’apogée du Beau, avec ses ruines, ses vestiges antiques, sa Renaissance… En outre la libéralité des mécènes, et les colonies artistiques prolifiques en faisaient un lieu privilégié pour la création.  Les lauréats y perfectionnaient leur apprentissage par la copie des chefs d’œuvre, découvraient les techniques de la fresque et de la mosaïque, approfondissaient leur art grâce aux leçons d’anatomie, de perspective ou de dessin d’après modèle. 

Le prix connut son apogée au XVIII, en furent lauréats des peintres comme Fragonard, Boucher, ou encore Van Loo. 

La révolution française suspendit son activité, de 1793 à 1795. A sa réouverture effective en 1803 plusieurs modifications renouvelèrent l’institution,  comme le remplacement du palais Mancini par la Villa Médicis, ou l’intégration de nouvelles disciplines ; à la peinture, la sculpture et l’architecture, s’ajoutèrent dès lors la gravure, la musique et le paysage historique.   

Suite à la Révolution et au XIX siècle les tendances se multiplièrent alors que l’Académie des Beaux Arts s’en tint à une certaine rigueur stylistique. Apparurent les termes « d’Académisme », de « pompier » pour définir les peintres qui en ressortaient. 

Toutefois le XX° siècle et notamment sa seconde partie vit survenir une vraie évolution, jusqu’au mandat de Balthus dès 1961, qui acheva de renouveler l’institution. 

Le prix fut définitivement supprimé par André Malraux en 1968, accordant la tutelle de la Villa Médicis dès lors au ministère de la culture. Les pensionnaires quand à eux, sont aujourd’hui choisis non plus par concours  mais par dossier.   

 

« TROIS FEMMES À LA FONTAINE » Prix de Rome, 1948 – FRANÇOIS ORLANDINI

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